La FNSEA et JA lancent une charte sur l’utilisation des données des exploitations

« Les flux de données sont plus importants que les stocks »

Ainsi étaient présentés par Christiane LAMBERT les enjeux de la charte sur l’utilisation des données agricoles lancée ce jour par la FNSEA et JA.
Pour éviter les ressaisies, innover et créer de nouvelles connaissances, la circulation des données de l’exploitation doit être favorisée au sein d’une chaine de confiance. C’est pourquoi, face à l’explosion de la quantité de données collectées dans les exploitations agricoles la FNSEA et JA définissent 13 principes généraux de bonne pratique de transparence, partage et utilisation des données des exploitations :

La FNSEA et JA porteront ce projet au niveau Européen et envisagent un service d’évaluation des contrats de services proposés aux agriculteurs, par un cabinet d’avocat, et de leur conformité aux 13 principes de la charte. La conformité vaudra labellisation du contrat. Les services labellisés, au frais du fournisseur de service, seront référencés sur un site qui sera mis en ligne prochainement et les entreprises labellisées pourront se prévaloir du logo DATA AGRI.
Attention toutefois, si la labellisation sera un bon indicateur de choix des services proposés à l’exploitant, elle ne le dispenseront pas de lire le contrat avec attention pour valider si les usages de ses données décrits dans le contrat lui conviennent (la charte n’impose que la transparence des usages, elle n’en interdit pas).

Cette charte est en totale cohérence avec les recommandations portées par les Instituts Techniques Agricoles dans leur livre blanc sur « l’accès aux données pour la recherche et l’innovation en agriculture » :  prévalence de l’usage sur la propriété des données, transparence des usages et consentement explicite avant usage non prévu au contrat. Enfin, cette initiative exemplaire des représentants des agriculteurs consolident l’intérêt d’un écosystème de gestion des consentements agriculteurs tel que les ITA et leurs partenaires le portent dans le CASDAR MULTIPASS.

Deux doctorantes participent au Hackathon API-AGRO 2018

API-AGRO (www.api-agro.fr), opérateur de données agricoles, a organisé son deuxième hackathon les 6 et 7 février dernier. L’objectif de cette course : créer en 30 heures une application informatique originale d’intérêt pour le monde agricole valorisant des données et des API puis en faire la promotion et la démonstration devant un jury en 5 minutes.
Nous rencontrons deux doctorantes Mathilde Chen (Acta-INRA-IFV-Arvalis) et  Ivana Aleksovska (Acta-Météo-France-INRA-IFV-Arvalis) qui se sont prêté au jeu et ont participé à une des 6 équipes avec le projet Vine Health Watch porté par Acta et IFV.

VHW’com. Pouvez vous nous expliquer vos sujets de thèse?

 Mathilde. Ma thèse consiste à développer des méthodes d’analyse des données d’épidémiosurveillance sur le mildiou de la vigne. Je mobilise des méthodes d’analyse de survie qui me permettent d’avoir une vision de l’état sanitaire à l’échelle du territoire. En complément, je propose une procédure pour que les techniciens formalisent leur expertise en s’appuyant sur cette information et en la combinant à d’autres sources.  Plus d’infos ici
Ivana. Ma thèse cherche à améliorer les prévisions à court et moyen terme (d’un jour à un mois) des modèles agronomiques. Il s’agit de développer des outils d’aide à la décision pour les agriculteurs en prenant en compte l’incertitude des prévisions météorologiques (notamment température et pluie) et en fournissant une information probabiliste aux utilisateurs. J’utilise les modèles de prévision d’ensemble de Météo-France et du CEPMMT. Mes principales applications sont les modèles pour la protection des cultures et ceux pour la gestion de l’irrigation.   Plus d’infos ici

Nos deux thèses s’inscrivent dans l’institut Agriculture Numérique #DigitAg (www.hdigitag.fr).

VHW’com. Qu’est ce qui vous a attiré dans ce challenge ?
Ivana. L’esprit de compétition et le travail sous pression dans un temps très court.
Mathilde. Ce qui m’attire est le concept même du challenge qui est de concevoir un prototype fonctionnel en très peu de temps et en équipe. J’ai participé à la première édition il y a un an en tout début de ma thèse. L’ambiance m’avait beaucoup plu, donc j’avais hâte de récidiver cette année !

 VHW’com. Pouvez vous décrire en deux mots l’application que vous avez développé ?
Mathilde & Ivana. C’est un outil de visualisation de l’état sanitaire de la vigne à plusieurs échelles : nationale, régionale et parcellaire. Une des premières fonctionnalité est la prédiction des dynamiques épidémiques grâce à un modèle statistique basé sur les observations passées et intégrant celles collectées en temps réel en cours de saison. Notre application permet également de cartographier finement les prédictions.  
 Le viticulteur a la possibilité de saisir ses propres observations et peut ainsi obtenir une prédiction personnalisée. Tous ces outils valorisent les données collectées dans le cadre du Bulletin de santé du végétal. Enfin, l’utilisateur peut aussi avoir accès aux prévisions météos qui représentent l’évolution de la température et des précipitation sur les vignobles de la région.

VHW’com. Quelles ont été vos contributions ?

Mathilde. J’ai remobilisé une petite partie de mes travaux de thèse en adaptant le modèle de survie à l’ensemble des données de suivi des 4 principales maladies (mildiou, oïdium, black rot, pourriture grise) disponible dans la base de données Epicure de l’IFV. J’ai également présenté le fruit de notre travail collectif en 5 minutes avec la démonstration de l’application dans le pitch final.  
Ivana. J’ai utilisé l’API fournissant les prévisions météorologiques issues du modèle AROME à résolution de 1.3km de Météo-France. Avec l’IFV nous avons sélectionné les coordonnées représentatives des aires de production de chaque région administrative. Puis, nous avons agrégé ces données en calculant la moyenne pour la pluie et la température.  

VHW’com. Que vous a apporté cette courte expérience ?
Ivana. Comme je suis en début de thèse, c’était l’occasion de rencontrer des acteurs du domaine agricole et de mieux comprendre l’utilité de manipuler les données mises à disposition par API-AGRO.
Mathilde. Un gros mal de crâne, 3 kilos… mais surtout une superbe expérience conviviale en équipe. Cela m’a permis de mieux comprendre les dessous du développement d’une application. Comme je m’intéresse au monde des start-up, cette expérience fut très enrichissante pour moi.

VHW’com. Est ce que ce hackathon change vos directions de thèse ?
Mathilde. Pas du tout ! Ce fut juste une parenthèse de 30 heures dans mes trois ans de thèse. Mais cela m’a permis de côtoyer de plus prêt le monde de l’entreprenariat et de l’innovation. Cela me permet de mettre en perspective mes travaux de recherche par rapport avec leur futur valorisation sous forme d’outils utiles pour les agriculteurs.
Ivana. Non, je le vois plus comme une activité parallèle que comme un changement de direction. Mais, cela m’a permis d’avoir une vision très concrète de ce que peut être une application pour les agriculteurs et comme mon objectif de thèse est bien d’améliorer des OAD, c’est une expérience précieuse.

VHW’com. Quel autre message à faire passer ?
Ivana & Mathilde. L’innovation s’appuie sur un travail de fond et les thèses sont des projets indispensables pour développer des méthodes utilisées dans les outils de demain. Face aux enjeux auxquels doit faire face l’agriculture, il est important que les instituts techniques (Acta, IFV, Arvalis) et les instituts de recherche (Inra, Météo-France) travaillent main dans la main afin d’investir sur le long terme pour les innovations de demain.

Propos recueillis par VHW’com
@VineHealthWatch (février 2018)

L’équipe Acta-IFV-INRA au complet

 

Le numérique et le digital s’invite à l’occasion du Salon International de l’Agriculture

Le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert nous le confirme :
« Le Salon de l’agriculture, c’est la vitrine de l’excellence agricole française. »

Le Salon de l’Agriculture ouvre ses portes demain et le Réseau Numérique et Agriculture de l’acta – les instituts techniques agricoles vous propose une sélection d’événements à ne pas manque sur le numérique !

N’hésitez pas entre les différents ateliers et conférences à visiter les exposants recensés dans le parcours « Digital et Innovation »

Animation permanente :
Pavillon 4, Stand 4 B 107/108 – ACTA/APCA. Venez tester l’animation
API-AGRO pour avoir une photo souvenir et peut-être remporter un drone !

Dimanche 25 février :
Village des professionnels, Pavillon 1, Stand 1 R 036. DE 11:00 À 11:30 – LA VALORISATION DU NUMÉRIQUE EN AGRICULTURE (BIGDATA, CAPTEURS, MODÉLISATION…) : APPLICATIONS CONCRÈTES ET PERSPECTIVES

Pavillon 4, 4 B 127 – La Ferme Digitale. A partir de 12:15 – Pitchs finaux du 13e concours AGreen Startup.

Pavillon 4, 4 B 127 – La Ferme Digitale. A partir de 16:00 – Remise des prix du concours AGreenStartup présidée par Stéphane Travert, Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation.

Lundi 26 février :
Pavillon 2, Stand 2 B 021, DE 10:35 À 11:00 – [Participation du Réseau Numérique] Table ronde animée par Hervé Pillaud : « Valorisation des data, qui prend la main ? »

Pavillon 4, Stand 4 B 063. DE 12:00 À 12:30 – MÉTIERS ET TECHNOLOGIES DE LA COMMUNICATION EN AGRICULTURE

Mardi 27 février :
Village des professionnels, Pavillon 1, Stand 1 R 036. DE 14:30 À 15:00 – [Participation du Réseau Numérique] LA PROPRIÉTÉ DES DONNÉES EN AGRICULTURE

Mercredi 28 février :
Village des professionnels, Pavillon 1, Stand 1 R 036. DE 14:30 À 15:00 – L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE EN AGRICULTURE : UNE CHANCE POUR L’AGTECH FRANÇAISE

Jeudi 1 février :
Pavillon 4, Stand 4 B 127 – La Ferme Digitale. À partir de 12:00 – Tweet’Apéro de l’association FranceAgriTwittos (#FRAGTW)

Pavillon 4, Stand 4 B 107/108 – ACTA/APCA. DE 14:00 À 14:45 – Remise des prix du API-AGRO Hackathon 2018 qui s’est tenu les 6 et 7 février dernier

Pavillon 4, Stand 4 B 107/108 – ACTA/APCA. DE 14:45 À 15:00 – [Participation du Réseau Numérique] Lancement du livre blanc « La blockchain dans le monde agricole, quels usages pour quels bénéfices ? Vers une agriculture de confiance » – Partenariat Acta / ATOS

Pavillon 4, Stand 4 B 107/108 – ACTA/APCA. DE 15:30 À 17:00 – Suite à l’appel à candidature, remise officielle des nouveaux labels Digifermes® à 5 fermes expérimentales.

Vendredi 2 février :
Village des professionnels, Pavillon 1, Stand 1 R 036. 10:00 À 10:30 – LA DATA DANS TOUS SES ÉTATS AU SERVICE DE LA FILIÈRE AGRICOLE

Village des professionnels, Pavillon 1, Stand 1 R 036. DE 11:00 À 11:30 – BIG DATA EN AGRICULTURE

Pavillon 4, Stand 4 B 063 – La Ferme Digitale. DE 14:00 À 15:00 – QUELS MÉTIERS DANS L’AGRICULTURE NUMÉRIQUE ?

Une erreur ? Un oubli ? Laissez-nous un message sur numerique@acta.asso.fr

Bon salon à toutes et à tous !

Vine Health Watch : un outil pour visualiser en temps réel l’état sanitaire du vignoble pour améliorer la prise de décision. Projet en compétition au Hackathon API-AGRO 2018.

A l’occasion du Hackathon API-AGRO 2018 (http://www.api-agro.fr/api-agro-hackathon-edition-2018), l’Acta – les instituts technique agricole et l’IFV – Institut Français de la vigne et du vin ont proposé un projet et constitué une équipe mixte à laquelle s’est jointe un chercheur de l’INRA.

Nous avons proposé de travailler sur un nouveau concept d’outil s’appuyant fortement sur les données d’épidémiosurveillance pour apporter des informations pertinentes à destination des viticulteurs, des conseillers et des acteurs du Bulletin de Santé du Végétal (BSV).

Le résultat est un outil unique, « the Vine Health Watch », permettant de visualiser de manière dynamique l’état sanitaire des vignes à l’échelle locale et régionale. Son originalité est de :

  1. fournir des informations en temps réel sur l’état sanitaire des vignes à partir de réseaux de surveillance ;
  2. d’affiner ces informations en les ajustant à des observations collectées sur les parcelles du viticulteur en cours de saison ;
  3. de compléter les informations sur l’état sanitaire par des prévisions météos en temps réel sur des variables clefs (force du vent, précipitations).

Nous avons développé 6 web services basés sur les données du BSV saisies dans EPICURE (www.vignevin-epicure.com) et les modèles de prévision Arome/Arpège de Météo-France, chacun dédié à une fonctionnalité de l’outil. Ces outils ont été ensuite intégrés dans une interface web intuitive et interactive afin d’en faire la démonstration.

Ces fonctions se basent en grande partie sur des travaux de R&D en data science et modélisation mené en amont dans des projets (AAP PSPE SynOEM, CASDAR RT Smart-Pic, ANR DigitAg) et dans des thèses INRA-ACTA. Nous avons également valorisé l’expertise du RMT Modélisation et Analyse de Données pour l’Agriculture (www.modelia.org).

Enfin, cette expérience humaine est très enrichissante pour une équipe aux compétences mixtes comme nous en permettant de combiner nos expertises et savoir-faire. Dans le cadre de l’accompagnement de la transformation numérique de l’Agriculture, nous pensons qu’il est fondamental de chercher à valoriser au plus vite des résultats de travaux de recherche et de thèses notamment. Avec deux doctorantes hackeuses au cœur de notre équipe, nous avons mis en œuvre cette belle idée.

Retrouver les éléments de notre pitch

–          La présentation du pitch

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Notre équipe : data-based decisions

  • Ivana Aleksovska, doctorante Acta-Météo-France-INRA
  • François Brun, Acta
  • Mathilde Chen, doctorante Acta-INRA
  • Christian Debord, IFV
  • David Makowski, INRA
  • Simon Van de Kerckhove, Acta

API New Year – Bonne année 2018 !

L’année 2017 vient de tirer sa révérence. Sur le plan du numérique agricole, elle a été très riche, c’est le moins qu’on puisse dire. Nombre de jeunes pousses agricoles ont germées et sont couvées avec amour dans de nouveaux incubateurs qui ont poussés comme des champignons sur tout le territoire. Quelques unes des plus âgées ont poursuivies leur croissance. Beaucoup ont aussi, hélas, dû plier les gaules. C’est le lot des startup de n’importe quel secteur. La sélection est féroce, ce sont des structures fragiles bâties le plus souvent sur un « rêve » et c’est le client qui décide à l’arrivée.

Résultat de recherche d'images pour "dream startup"

Pour moi, l’année passée a été marquée par une communication importante dans trois secteurs :

  1. L’inteligence artificielle, qui a été sans conteste le buzz-word de l’année. Mis à toutes les sauces. Souvent fantasmé. Encore plus souvent galvaudé. Rarement assez bien traité.
  2. La blockchain et les cryptomonnaies, qui sur le plan de la communication, ont connu une poussée de fin d’année assez tumultueuse. Avec ses commentateurs, qui les yeux rivés sur les courbes affolantes du bitcoin,  attendent fébrilement l’explosion de la « bulle ». Un sujet qui passionne mais où l’on est nombreux à reconnaitre bien volontiers n’y rien comprendre.
  3. La robotique, sujet plus ancien, mais qui est revenu en force aussi cette année. Bien qu’il n’y ait qu’encore que quelques exemplaires de robots agricoles (en dehors des robots de traite), et le plus souvent encore à l’état prototypique.

Je n’ai pas trop de doute que ces trois sujets resteront des sujets d’importance pour les années à venir et donc pour 2018. Le réseau numérique & agriculture des instituts techniques s’y intéressera avec une prochaine communication sur la blockchain qui sera diffusée à l’occasion du prochain salon de l’agriculture où nous serons présents !

Nous travaillerons toujours sur le sujet de l’interopérabilité et des API avec l’équipe API-AGRO. On sera aussi présent à leur Hackathon !

Résultat de recherche d'images pour "api-agro hackathon"

Nous instruirons de nouveaux sujets autour de la data, notamment sur les sujets scientifiques avec un premier rendez vous dans le cadre de la conférence PHLOEME des 24 et 25 janvier. Puis sans doute à l’occasion d’un colloque sur les données expérimentales, domaine qui reste un des champs d’expertise majeur des instituts.

Résultat de recherche d'images pour "phloeme 2018"

Nous travaillerons enfin à développer un écosystème très large de partenaires et d’acteurs du numérique agricole, tourné vers les innovations et leur évaluation. Ce blog devrait donc connaitre dans les mois qui viennent un fort développement, tant sur le plan du contenu que sur la communauté qu’il vise à fédérer autour de cette thématique qu’est l’agriculture numérique.

Très bonne année numérique à tous.

Intelligence Artificielle : vers la fin du travail ?

Le thème des derniers rdv de l’agriculture connectée qui se tenaient le 26/10 dernier à l’ESA d’Angers était l’Intelligence Artificielle (ou IA). Pour une fois, c’est bien ceux qui en font vraiment qui en ont parlé.

L’IA nécessite énormément de données pour apprendre et avoir des résultats satisfaisants. Traiter ces données prends du temps. L’augmentation des performances des machines et l’augmentation du nombre de noeuds de traitement (deep learning) ont grandement amélioré les performances de l’IA. Mais la très grande majorité des IA aujourd’hui est subhumaine (ses performances restent inférieures à celles d’un humain). Car l’IA est victime du Paradoxe de Moravec : le plus simple à faire pour l’homme est le plus dur à coder en IA (reconnaissance visuelle, vocale, etc).

On peut qualifier 4 types d’IA :
– IA équivalente sur une tâche (conduire (Google car, Whatson, European truck platooning challenge), accorder un prêt, etc)
– IA supérieure à la totalité des humains sur une tâche (AlphaGo, Whatson)
– IA générale qui est multitache et égale aux humains, on en est a priori loin mais cela semble réaliste.
– Enfin, la singulatité technologique est une IA qui s’autoaméliore et dotée d’une conscience.

Pour ce qui concerne cette dernière, c’est clairement du fantasme. La problématique énergétique, le rejet de la société son trop forts. On entend surtout les GAFA en parler car ils misent dessus afin de se rendre incontournables.

Mais quel impact aura l’IA sur notre façon de travailler? Cette peur de la fin du travail apparaissait déjà au 18eme siècle avec la révolution industrielle. En effet des métiers ont disparu comme tisserand, lavandière, bien souvent des travails laborieux. L’automatisation permet donc la réduction de la pénibilité physique et cognitive, et libère du temps. Les métiers valorisant l’intelligence créative, ou sociale, ou encore nécessitant une perception / manipulation fine, seront clairement épargnés par l’IA. En ce qui concerne l’agriculture, personne ne s’est trop avancé !

Mais il est certain que les métiers vont évoluer encore avec l’IA et c’est une vraie occasion de réinventer le travail tout en évitant la perte d’expérience liée au remplacement de l’homme par une machine (cf histoire du pilote Sully aux US). Le nombre d’agriculteurs ayant déjà beaucoup baissé, il diminuera probablement peu (il faut au moins une UTH par exploitation!) mais ils pourront gérer plus d’ha ou d’animaux. La formation sera enfin importante, faisant évoluer les métiers du conseil.

MULTIPASS : Faire émerger de nouveaux services dans une chaine de confiance

Avec l’avènement du numérique, les exploitations deviennent une source de données incontournable pour répondre aux enjeux de multi-performance de l’agriculture. Les Instituts Techniques Agricoles ont formulé 10 recommandations pour faciliter l’accès et la valorisation de ces données. Au-delà du service rendu, l’accès aux données des agriculteurs est conditionné à une bonne compréhension de l’utilisation de leurs données qui doit se faire en toute transparence. De ce diagnostic a émergé le projet CASDAR MULTIPASS.

A travers ce projet, les partenaires (ARVALIS, ACTA, FIEA, IDELE, IRSTEA, ORANGE et SMAG) souhaitent mettre à disposition des producteurs et valorisateurs de données agricoles, un écosystème de gestion des consentements des agriculteurs protégeant les échanges de données des exploitations.

Les attentes des exploitants vis-à-vis d’un outil de gestion des consentements seront exprimées au sein de groupes de travail. Ces recommandations éthiques seront consignées dans un livre blanc puis traduites en spécifications fonctionnelles sur lesquelles seront basées les adaptations de deux outils de gestion des consentements existants. Ces outils, basés sur des approches différentes associant un tiers de confiance pour l’un et la technologie blockchain pour l’autre, seront comparés au sein de cas d’usages, tout en implémentant sous forme de preuves de concept les conditions de l’interopérabilité entre ces systèmes existants ou à venir.

L’écosystème a vocation à couvrir les besoins en matière de transparence des usages et de gestion des consentements de toutes les filières agricoles. Il peut enfin apporter une brique importante pour la gestion des consentements des exploitants pour alimenter des plateformes existantes comme API-AGRO voire un futur portail national de données agricoles.

Le projet vise à démontrer aux organisations professionnelles agricoles l’intérêt et la faisabilité d’un écosystème de gestion des consentements. En renfonçant la confiance des producteurs nécessaire au partage de leurs données, le projet permettra de faire émerger de nouvelles connaissances et de nouveaux services. Il favorise l’innovation ouverte, c’est-à-dire l’émergence d’applications agricoles couplées aux données des agriculteurs provenant de n’importe quelle source de données ou objet connecté, pour éviter le risque de concentration de l’innovation mais également la création de connaissances par l’analyse de données massives d’exploitations, dans une chaine de confiance.

MULTIPASS est financé par le compte d’affectation spéciale « développement agricole et rural » (CASDAR) (AAP Recherche Technologique 2017) et ses partenaires.

EGALIM : 3 propositions pour accompagner les agriculteurs dans la transformation numérique.

Le réseau Numérique et Agriculture de l’ACTA, les Instituts Techniques Agricoles, ont fait des propositions concrètes pour accompagner les agriculteurs, ainsi que les acteurs qui l’entourent, dans la transformation numérique.

Vous retrouverez ici l’accès aux trois propositions faites en ligne sur la plateforme EGALIM, propositions que nous vous invitons à soutenir avec vos votes et argumentaires. Pour cela, il suffit de cliquer sur les liens et de voter, en vous connectant avec votre compte google ou facebook (ou créer un compte ad hoc).

  • Proposition 1. La question de l’accès aux données agricoles : favoriser l’innovation et la recherche, tout en protégeant les agriculteurs. Cette proposition reprend l’analyse faite dans notre livre blanc sur le sujet (parution octobre 2016). https://goo.gl/FqWy9f
  • Proposition 2. Ouvrons l’accès des données météos aux acteurs du monde agricole dans le cadre des démarches de service public. Cette contribution vise à demander aux pouvoirs publics de prendre une position claire pour donner un accès total aux données météos nécessaires à l’ensemble des acteurs agricoles. https://goo.gl/Zz37nk
  • Proposition 3. Faciliter l’accès aux services en ligne pour les exploitations agricoles : vers une fédération d’identité. Il s’agit d’une proposition très concrète visant à faciliter la vie des exploitants agricoles et à faciliter l’accès à de nouveaux services innovants.https://goo.gl/w23cZS

Réseau Numérique & Agriculture

numerique@acta.asso.fr

EGALIM : Ouvrons l’accès des données météos aux acteurs du monde agricole dans le cadre des démarches de service public

Ouvrons l’accès des données météos aux acteurs du monde agricole dans le cadre des démarches de service public
  • Atelier 11 : Réussir la transition écologique et solidaire de notre agriculture en promouvant une alimentation durable – Lundi 9 octobre
  •  Atelier 12 – Lutter contre l’insécurité alimentaire, s’assurer que chacun puisse avoir accès à une alimentation suffisante et de qualité en France et dans le monde
Les productions agricoles sont fortement déterminées par les conditions météorologiques et chaque nouvelle campagne le montre à nouveau (rendement blé en 2016, gel sur les vignes en 2017, …). Dans un contexte de réduction des intrants, l’agriculture doit faire face à de grands enjeux fortement dépendants des conditions météorologiques, notamment en production végétale.
Météo France développe au titre de sa mission de service public, des informations climatologiques et prévisionnelles pour permettre de sécuriser différents domaines et secteurs d’activités (risques incendie, transports aéroportuaire, routes, crues, etc…). Ces prestations ne font l’objet d’aucune facturation auprès des acteurs économiques, pompiers, aviation civile, préfectures, … qui en sont utilisateurs : elles sont financées sur la base d’accords entre les ministères concernés qui abondent au budget de Météo France au titre de la surveillance et sécurité du territoire.
Pourquoi une démarche similaire n’existerait elle pas au niveau de l’agriculture, au titre de la sécurisation de la production alimentaire et du respect environnemental ?
Dans le contexte de production actuel qui vise à réduire de manière drastique l’intrant phytosanitaire, l’agriculture doit pouvoir accéder à des données météorologiques fiables, performantes et homogènes à des conditions tarifaires raisonnables pour prétendre pouvoir réduire efficacement les traitements, limiter pour l’agriculteur les risques sanitaires tout en sécurisant les rendements et garantir aux consommateurs des aliments de qualité, en quantités suffisantes.
Actuellement, les données disponibles sont nombreuses et de plus en plus précises (données de stations classiques ou spatialisées, mais aussi radar de pluie au km ou prévisions à échelle fine). Le monde agricole, par nature éclaté (500 000 exploitations), et les structures d’accompagnement qui le sont également pour couvrir la diversité des territoires et des filières font que l’accès aux données se fait au cas par cas, par ces acteurs, moyennant finance. Ainsi, la même donnée est achetée plusieurs fois, pour un même besoin et au prix fort. Par le passé, différentes demandes et initiatives ont abordé cette problématique, mais les solutions proposées n’ont pas été à la hauteur des enjeux.
Le monde agricole doit se mobiliser pour faire valoir ses intérêts et afin que les services ministériels concernés s’entendent sur un accord global facilitant l’accès aux données météorologiques de Météo France, au titre de la sécurité alimentaire et environnementale.

Retrouvez cette contribution sur la plateforme EGALIM. Votez, réagissez ! https://goo.gl/Zz37nk

Acta, les Instituts Techniques Agricoles (*)
APCA, les Chambres d’Agriculture
Réseau Agriculture et Numérique de l’Acta
(*) notamment :
  • IFV – Institut Français de la Vigne et du Vin
  • Arvalis – Institut du végétal
  • Terres Inovia
  • ITB – Institut Technique de la Betterave
  • FN3PT – Fédération Nationale des Producteurs de Plants de Pomme de Terre

Contribution EGALIM – Faciliter l’accès aux services en ligne pour les exploitations agricoles : vers une fédération d’identité.

Les agriculteurs mobilisent quotidiennement différents services en ligne pour piloter leur exploitation, rendre compte de leurs pratiques ou encore répondre à des obligations réglementaires. Cela concerne à la fois les services techniques, comptables et administratifs. Mais à ce jour, ces services proposés par différentes entités sont accessibles avec des comptes utilisateurs différents.

Par exemple, pour accéder aux données de sa nouvelle station météo connectée, un agriculteur va se connecter à la plateforme en ligne du vendeur de station. Il devra utiliser un autre login pour consulter les prévisions de maladie sur une autre plateforme. Pour déclarer sa consommation en eau, sur une autre encore. Pour établir ses déclarations PAC, sur celle de l’état. Pour les cotisations sociales sur celle de la MSA. Lors d’échanges avec des agriculteurs, nous en avons recensé entre quinze et trente ! (Témoignage Rémi Dumery, @RemDumDum).

Une solution simple pourtant existe : il s’agit de la fédération d’identité. Pour les particuliers, ce type de dispositif existe déjà. Un premier niveau est proposé par les grands acteurs du web (Google, Facebook, Twitter,…) qui permet à de nouveaux opérateurs de proposer leurs services en utilisant une identité déjà créée (voir certifiée) et le processus d’authentification avec le consentement de l’utilisateur. Très pratique, il ne permet cependant pas de vérifier la véracité des informations. Une belle illustration est proposée par FranceConnect (franceconnect.gouv.fr) qui permet de s’identifier à un service avec les identifiants d’un autre service (exemple : pouvoir accéder aux impôts avec son identifiant La Poste ou CAF), et ainsi s’appuie sur des organismes capables de certifier la véracité de l’identité.

De la même manière, il est possible d’associer des Fournisseurs de Données et ainsi permettre à des Fournisseurs de Services de proposer des services valorisant des identités certifiées (on peut penser par exemple le compte MSA, le compte CER France ou encore le compte PAC). Cela présente pour les Fournisseurs de Services un grand intérêt en validant l’existence légale d’une exploitation et de ses données.

Nous souhaitons qu’un tel système de fédération d’identité soit proposé aux agriculteurs afin que leurs exploitations soient identifiables dans le monde numérique de manière unique.

Cela simplifiera l’accès aux différents services existants (pour l’agriculteur mais également pour les conseillers qui doivent régulièrement accéder à ses données). Au-delà de ce bénéfice à court terme, cette étape est indispensable pour proposer aux agriculteurs des outils de plus en plus intégrés. C’est un prérequis à la mise en place de système de gestion du consentement et d’un accès simplifié aux différentes données de l’exploitation.

Retrouvez cette contribution sur la plateforme EGALIM : Votez et Réagissez !

Réseau Numérique & Agriculture de l’ACTA, les Instituts Techniques Agricoles

Contact : Théo-Paul Haezebrouck et François Brun, numerique@acta.asso.fr

www.numerique.acta.asso.fr