Formation « Data Science pour l’agriculture », 3-4-(5) décembre 2018, Paris

L’Acta propose, dans le cadre du RMT Modélisation et Analyse de Données, une formation pour se familiariser avec la Data Science (ou science des données).
Avec la forte augmentation de la quantité et de la diversité des données collectées, ainsi que les efforts de structurations de ces données au sein de large base de données, les acteurs de la recherche et développement sont à la recherche de nouvelles méthodes pour exploiter ces gisements de données.
La « data science » (ou la science des données) vise à répondre à ces besoins en offrant de nombreuses méthodes issues à la fois de la statistique, de l’intelligence artificielle et de l’informatique. Il s’agit également d’un changement de philosophie, dans laquelle les données guident les travaux (data driven) et la qualité de prédiction ou de classement est le principal objectif. La question de l’interprétabilité de ces modèles pourra aussi être discutée.

Cette formation s’adresse à tout :
– Ingénieurs et chercheurs travaillant dans les domaines de l’agriculture et de l’environnement
– Doctorants en sciences agronomiques et écologie ayant un volet data science dans leur projet de recherche ayant une connaissance de base du logiciel R.

L’objectif de la formation est d’ :
– Acquérir les bases permettant de manipuler les principales méthodes de data science pour des objectifs de prédiction.
– Appréhender la pratique réelle de ces méthodes au travers d’exemples et de travaux pratiques avec les logiciels R et python.

(La formation comporte deux journées de théorie avec des travaux dirigés et une troisième journée optionnelle d’ateliers pour approfondir.)

Intervenants : F. Brun (Acta), D. Makowski (INRA Grignon), A. Termier (INRIA-U. Rennes I), F. Piraux (Arvalis – Institut du végétal), E. Doutart, A. Philibert, M. El Jabri (Institut de l’élevage)

en savoir plus

pré-inscription en ligne

#Hacktaferme – Le dossier de presse et les vidéos

Le réseau numérique & agriculture de l’Acta – les instituts techniques agricoles a organisé en partenariat avec API-AGRO et TerraSolis, le HackTaFerme, la première édition du « Hackathon à la ferme » qui s’est tenu du 31 août au 2 septembre 2018 à Chalons-en Champagne et ses environs.

L’article de synthèse est ici.

Le dossier de presse est  téléchargeable  via ce lien : DP-HACKTAFERME-V3

Le trailer de l’évènement et l’interview de nos trois agriculteurs sont sur Youtube :

 

 

#HackTaFerme – Week-end d’innovation à la ferme

Le réseau numérique & agriculture de l’Acta – les instituts techniques agricoles a organisé en partenariat avec API-AGRO et TerraSolis, le HackTaFerme, la première édition du « Hackathon à la ferme » qui s’est tenu du 31 août au 2 septembre 2018 à Chalons-en Champagne et ses environs.

Plusieurs équipes de codeurs associés à des professionnels ont été accueillies dans 3 fermes et ont disposées de 48 heures pour créer des prototypes adaptés et convaincants répondant aux besoins des agriculteurs et couvrant les filières des grandes cultures, de l’élevage et des cultures spécialisées (viticulture ou maraichage). Les équipes ont été guidées par « leur » agriculteur hôte et coachées par des mentors experts des secteurs de l’agriculture, l’agro-industrie, l’informatique, etc…

HackTaferme, c’est la fusion de deux mondes :

  • Un hackathon : c’est un marathon de 48h pour faire germer une idée et développer le prototype parfait ;
  • Une ferme : c’est le terrain de jeu idéal pour tester un prototype.

Les participants :

  • Les agriculteurs : le hackathon s’est installé chez eux, directement dans leur exploitation, pour régler leurs problèmes. Curieux, sympas, et impliqués, ils ont suivi avec curiosité et intérêt le développement d’applications en temps réel. Ce sont eux qui ont proposé les projets quelques semaines avant l’événement.
  • les développeurs informatiques, ou codeurs d’horizons divers, ont réalisé les projets : novice ou confirmé, leurs compétences ont pu trouver l’occasion de s’exprimer « sur le terrain »;
  • les professionnels du monde agricole, surtout des experts des instituts techniques ou des chefs de projet, ont tâché d’éclairer les participants;
  • les artistes : un projet c’est mieux quand c’est beau et l’expérience utilisateur (UX) est un point clé pour qu’une app soit simple d’utilisation et conviviale ;

Les résultats

A l’issue des 48h passés à la ferme, tous les participants ont été réunis au sein du ThincLab de Châlons-en-Champagne pour « pitcher » leur projet et tenter de convaincre un jury d’agriculteurs et de responsables professionnels. Chaque équipe a disposé de 4 minutes et ont toutes fait une démo « en live » de leurs applications. Nos trois agriculteurs étaient également présents pour découvrir leur réalisation et les soutenir.

Le jury était composé de :

  • Président du jury : Christian Rousseau, agriculteur, Vice-président Terrasolis, Vice-président RITTMO
  • Christoph Büren, agriculteur, Président du groupe VIVESCIA
  • Régis Jacobé : agriculteur, Vice-président Chambre d’Agriculture Grand Est, Président du Comité départemental Marne MSA
  • Gaël Ponsardin : Directeur de la ferme expérimentale de Terralab, responsable du pôle agricole
  • Luc Flamand, responsable technique régional SYNGENTA
  • Mathieu Lecourtier: Journaliste chez Cultivar, Groupe ATC

Les équipes ont été évaluées sur les critères de l’utilité de l’application pour les agriculteurs, sur l’ergonomie et le niveau de finalisation, l’originalité et la qualité de la présentation.

Les équipes primées

1er prix : L’équipe lauréate a été récompensée d’un prix de 5000€ pour avoir réalisé une application de traçabilité des produits phytosanitaires à partir d’une appli smartphone qui permet de scanner simplement un bidon sur son code barre et transmettre automatiquement les données dans le logiciel parcellaire des fermes. Cette tâche obligatoire est un gain de temps très appréciable pour l’agriculteur et lui évite ainsi une saisie chronophage. L’application développée qui s’est démontrée fonctionnelle pourra, d’après ses concepteurs, s’adapter à tous les logiciels de gestion parcellaire.

Christoph Büren (VIVESCIA) a remis ce premier prix à l’équipe.

L’équipe lauréate du premier prix Hacktaferme (Emmanuel Charon, Benoit Dumet, Simon Hélène, Julian Layen, Inès Teetaert, avec l’agriculteur Nicolas Kunysz 3e en partant de la gauche).

2e prix : L’équipe lauréate du deuxième prix s’est distinguée avec une application mettant en œuvre des algorithmes d’intelligence artificielle (machine learning) permettant de détecter à partir d’images des champignons présents sur des grains de raisin (pourriture grise ou oïdium). Une des valeurs appréciées dans leur application prototype est qu’elle pourrait s’appliquer à d’autres images (images drones sur des parcelles pour détecter des zones infestées de maladies ou mauvaises herbes). Le prototype développé a été réalisé avec une base d’apprentissage fournie par le Comité champagne CIVC. Cette équipe était composée exclusivement d’étudiants codeurs venant de l’école d’informatique de Paris EPITA. Ils étaient hébergés sur la ferme de Jean-Baptiste Guichon.

Luc Flamand (SYNGENTA) a remis ce deuxième prix.

L’équipe EPITA, lauréate du deuxième prix du Hacktaferme. (Clément Fang, Mathieu Ghirlanda, Victoria Guehennec, Corentin Mounier)

3e prix : Le troisième prix a été remis à une équipe de codeurs et chefs projet provenant de l’entreprise TER’Informatique et qui a profité de ce week-end pour développer de A à Z un concept d’application permettant l’entraide entre agriculteurs sur un concept d’échange de matériel. Leur application « Petits comptes entre agris » a fait preuve d’originalité et son modèle coopératif a beaucoup plus au jury.

Gaël Posardin (TerraLab) a remis ce troisième prix.

 

L’équipe TER’INFORMATIQUE, lauréate du troisième prix du Hacktaferme (Tom Berriot, Floran Brutel, Richard Buxant, Laurianne Douce de la Salle, Nicolas Hart, Arnaud Lecat, Florent Notelet, Jean Baptiste Vervy).

Les deux autres équipes ayant concourues ont développé également deux prototypes d’application très intéressants.

L’une ayant travaillé sur un compteur de grains sur smartphone estimant instantanément le PMG (Poids de Mille Grains) à partir d’une photo permettant ainsi un réglage précis des semoirs.

L’autre ayant travaillé sur un tableau de bord permettant de comparer pratiques et résultats techniques entre agriculteurs.

Les agriculteurs

Ce week-end d’innovations à la ferme, n’aurait jamais pu se faire sans nos trois formidables agriculteurs hôtes qui ont accueilli avec enthousiasme, curiosité et générosité la trentaine de codeurs inscrits.

 

Jean-Baptiste Guichon agriculteur – éleveur (engraissement de taurillons) dans la Marne

Jean-Baptiste Prévost agriculteur grandes cultures et producteur d’asperge dans la Marne

Nicolas Kunysz, agriculteur aviculteur dans la Marne

Le bilan

Nous avons été ravis et sommes très fiers d’avoir organisé ce premier HackTaFerme qui est une idée de notre groupe numérique inter-instituts et que nous avons eu après avoir fait le constat que nos actions « numériques » n’étaient peut-être pas assez proches des agriculteurs, sur leur terrain et dans leur quotidien. La préparation a été intense et nous n’aurions jamais réussi un tel événement sans l’apport combiné de l’ensemble de nos partenaires, sponsors et bien sûr agriculteurs et participants. Les applications développées sont d’un niveau incroyable, les développeurs ont fait un travail remarquable. Plusieurs trouveront des voies de développement sur le terrain. Tout ça n’aurait pas été possible sans la coordination et la combinaison de talents ; la fertilisation croisée entre terrain, technique et numérique ce qui est au cœur de notre mission.

Nous remercions nos partenaires :

API-AGRO et Terrasolis

Et nos sponsors

VIVESCIA, SYNGENTA, BOUYGUES TELECOM, ITK et ATOS

HackTaFerme J-9 : des idées, des projets, des prix, des sponsors et vous ?

A une dizaine de jours du HackTaFerme (31 aout-2septembre à Châlons-en-Champagne), voici quelques nouvelles pour ceux qui reviennent de congés ou qui ont loupé les annonces précédentes :

  • L’Acta (numerique.acta.asso.fr) organise avec Terrasolis (terrasolis.fr) et Api-Agro (www.api-agro.fr) le HackTaFerme, premier hackathon qui se déroulera chez des agriculteurs (www.hacktaferme.fr) à la foire de Châlons-en-Champagne ! Il s’agit d’un concours pour développer en 48h des prototypes d’applications utiles pour les agriculteurs.
  • Nous avons doté ce concours de prix attractif pour récompenser les meilleurs projets !
  • Les idées des premiers inscrits ont été présentées et discutées avec les agriculteurs. Désormais, les projets murissent et sont discutés entre participants. Nous sommes toujours à la recherche de porteurs.
  • Et vous ? Il est encore temps de s’inscrire pour participer à l’événement et/ou de motiver vos équipes d’informaticiens à venir participer à ce challenge : www.hacktaferme.fr
  • Encore un grand merci à nos sponsors qui vont permettre l’organisation de l’événement dans de bonnes conditions et de proposer ces prix attractifs pour les vainqueurs ! Vivescia (www.vivescia.com), Syngenta (www.syngenta.fr), Bouygues (www.bouyguestelecom.fr), Atos (atos.net), ITK (www.itk.fr).
  • pour toutes les actualités : www.hacktaferme.fr et nous suivre twitter.com/HackTaFerme

Benchmark des plateformes numériques agricoles

A l’occasion d’une présentation récente, j’ai été amené à rassembler quelques informations sur les plateformes d’échange de données du secteur agricole au sein de l’Union Européenne. Je me suis pour cela essentiellement basé sur une enquête de la commission européenne : Study on data sharing between companies in Europe.

La présentation est accessible sur SlideShare.

Cette présentation n’est absolument pas exhaustive, elle met en avant quelques plateformes remarquables de l’UE, notamment DAWEX, DKE/AGRIROUTER, AGRIMETRICS, F4F/PROAGRICA et même quelques initiatives de ventes de données d’agriculteurs. L’histoire à venir nous dira s’ils étaient des précurseurs ou non…

Bien sûr la plateforme API-AGRO, s’inscrit totalement dans cette démarche et reste une initiative collective tout à fait remarquable au niveau national (nous ne sommes pas totalement objectif ici, en disant celà :-)). API-AGRO commence d’ailleurs à poser pied dans différents programmes de R&D Européen et poursuit sa structuration.

Ce qui me semble intéressant dans cette étude, est la synthèse des obstacles et des clés de succès facilitant (ou au contraire obstruant) le partage de données B2B via ce type de plateforme.

Ces éléments sont repris de manière schématisée ici :

Les facteurs de succès identifiés sont :

  • un cadre légal mieux défini et plus clair (nous reviendrons dans un article à suivre sur les aspects légaux relatifs aux data, c’est un point important);
  • une compréhension des besoins et des attentes vis-à-vis des data, effectivement exposer des data qui n’ont aucun usage est vain – il est donc pour moi crucial de travailler au moins autant si ce n’est plus sur les applications;
  • la confiance, qui se construit sur une bonne maîtrise de l’utilisation des données et une compréhension de la finalité des utilisations;
  • le partenariat, les alliances entre organisations doivent être évidentes et mettre en avant des complémentarités pour réduire des coûts et/ou co-innover;
  • la simplicité et l’ergonomie des outils.

Les obstacles à l’échange de données sont: 

  • les freins techniques, on trop tendance à minimiser cet aspect à mon goût car il y a de vrais verrous techniques, qui ne sont pas insurmontable mais qu’on ne peut négliger (penser API first);
  • le droit, l’incertitude sur les questions de propriété des données est souvent mis en avant pour freiner tout échange de données entre organisations;
  • le contrôle, les fournisseurs de données doivent être sûr de pouvoir monitorer tous les flux de données qui sortent de chez eux;
  • les compétences, beaucoup d’entreprises n’ont tout simplement pas les compétences internes pour permettre cette diffusion;
  • la localisation, il y a parfois des problèmes de droit attachées à des données qui ne peuvent sortir des territoires nationaux ou communautaires;
  • la réputation, exposer des données constitue pour certaines organisation un risque de voir sa notoriété entachée (si les données sont utilisées à des fins non souhaitées ou si les données sont de piètre qualité);
  • le licensing, il faut aussi disposer des compétences pour trouver le cadre contractuel de diffusion des données;
  • la responsabilité, quels sont les risques encourus pour une entreprise fournisseuse de données si l’utilisation de ses données conduit à des plaintes de tiers ayant subit des dommages liés à ces données?

Comme on le voit la liste des obstacles est plus longue que la liste des facteurs clés de succès, ce qui témoigne du chemin qu’il reste encore à parcourir pour le développement de telles pratiques et l’essor de ces plateformes.