Basé sur les prévisions du 22 septembre 00h00

  • Dans la situation de sécheresse des sols sur l’ensemble de la France, les informations des prévisions météorologiques des précipitations sont importantes pour le monde agricole. Ces prévisions étant entachées d’incertitude,  il est intéressant d’avoir une approche probabiliste en utilisant les prévisions probabilistes (ici le modèle européen ECMWF).
  • D’ici le 29 septembre, la probabilité d’avoir des cumuls de pluie supérieurs à 10 mm est forte sauf sur la zone Bordeaux-Charente ou la probabilité reste moyenne. Celle d’attendre 30mm est faible partout, sauf en Bretagne-Nord, Normandie ou zone Sud-Est où c’est plus hétérogène.
  • D’ici le 7 octobre, tout le portion du territoire devrait atteindre un cumul de 10mm. Pour le seuil de 30mm, les probabilités sont fortes sur une grande partie du territoire, sauf la zone Bretagne-Sud / Val de Loire / Bordeaux / Charente où ces probabilités restent moyennes.
  • S’il y a eu une perturbation orageuse amenant des précipitations sur la France, les quantités d’eau amenées ont été  hétérogènes (parfois très importantes et parfois très modeste) sur la France et l’évapotranspiration reste aussi importante en cette période, pensez aussi à prendre en compte l’état réel de votre sol ou la quantité de pluie tombée sur les derniers jours localement pour votre analyse.

Résultats au 22 septembre 2022 – 00h00.

A  partir de la dernière prévision, pour chaque point, nous avons calculé la probabilité d’occurrence de  sommes de pluie supérieures à deux seuils (10 mm, qui reste très faible vu l’état des sols, 15 mm ou 30 mm qui correspond à une pluie qui devient significative)  pour différentes échéances (7,10,12 ou 15 jours). 

RAPPEL: vu les pluies, hétérogènes, récentes ou en cours, il vous faudra aussi prendre en compte les pluies tombées localement et au final l’état hydrique de votre sol pour votre analyse (pour notamment vos prises de décisions de semis).

Seuil de 10 mm de cumul de précipitations

  • à 7 jours, la probabilité d’avoir des précipitations >10mm est très forte (>90% en bleu) ou forte (70 à 90%) sauf sur la zone Bordeaux-Charente ou la probabilité reste moyenne (30-70% en blanc).
  • à 15 jours, tout le territoire devrait atteindre un cumul de précipitations supérieur à 10 mm (probabilité > 90% en bleu).

Seuil de 30 mm de cumul de précipitations

  • à 7 jours, une grande partie du territoire ne devrait pas atteindre un cumul de précipitations de 30 mm (<10% en rouge ou de 10 à 30% en rouge clair). En Bretagne-Nord, Normandie ou zone Sud-Est, les probabilités sont plus élevées : moyenne, forte ou même très forte.
  • à 15 jours, les probabilités augmentent partout avec des probabilités forte (70 à 90% en bleu clair) voire très forte (>90% en bleu) sur une grande partie du territoire, sauf la zone Bretagne-Sud / Val de Loire / Bordeaux / Charente où ces probabilités restent moyennes (de 30 à 70% en blanc).

Seuil de 15 mm de cumul de précipitations (intérêt pour les semis de colza notamment)

Voir l’analyse de 10mm, mais les contrastes sont un peu plus marqués pour ce seuil d’intérêt.

Illustrations complémentaires

Une autre illustration des incertitudes sur les prévisions météo, pour voir comment cela se répartit sur les deux semaines à venir.

D’abord, voici les estimations des cumuls des précipitations attendus en moyenne (moyenne de l’ensemble des 50 membres), sur chacune des deux semaines à venir.

Puis concernant les incertitudes associées, à gauche, sur les 7 jours à venir en cours (22 au 29 septembre), la probabilité d’avoir des précipitations >10mm est très forte (>90% en bleu) ou forte (70 à 90%) sauf sur la zone Bordeaux-Charente ou la probabilité reste moyenne (30-70% en blanc). A droite, la semaine suivante (30 septembre au 6 octobre), les probabilités sont fortes (de 70 à 90%) sur presque l’ensemble de la France.

Avec le seuil de 30mm en dessous : peu de chance de pluies conséquentes cette semaine sur une grande partie de la France, sauf dans le quart Sud-Est et Bretagne-Nord / Normandie. La semaine suivante, les probabilités sont moyenne sur une grande partie du territoire (de 30 à 70% en blanc) et faible (de 10 à 30% en rouge clair) sur la zone Bretagne-Sud, Ile de France, Nord.

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Illustrations sur des sites particuliers – pour mieux comprendre les synthèses des cartes.

Voici les prévisions journalières de précipitations (la somme pour chaque jour) pour différents sites, avec à chaque fois le scénario moyen et les quantiles hauts (90%) et bas (10%). Attention les échelles changent pour chaque site.

Conséquences sur l’agriculture : quelques références

Toutes les cultures en place souffrent d’un stress hydrique prolongé.

  • Maïs : le manque d’eau va occasionner des pertes de rendement (en grain et en matière sèche), mais il va aussi conditionner l’ensilage. L’ordre de grandeur d’un “tour d’eau” (un épisode d’irrigation) efficace est de 30 mm.
  • D’autres grandes cultures majeures comme la betterave ou la pomme de terre sont également affectées.
  • Vigne : la contrainte hydrique occasionne une défoliation et un flétrissement des baies. Couplé aux fortes chaleurs, le manque d’eau a aussi un impact sur la maturation. Après les vendanges, ce sont les capacités de mise en réserve pour l’année prochaine qui peuvent être affectées.
  • Prairies : le maintien et la repousse des prairies pâturées sont affectés. C’est aussi la période de semis ou sur-semis des prairies. Voici une note complémentaire de l’Institut de l’élevage à ce sujet : https://idele.fr/detail-article/ete-2022-lete-de-tous-les-records
  • Autres cultures pérennes : même les cultures pérennes déjà récoltées (arboriculture, lavande) sont affectées par le stress hydrique. Dans ce cas, la fragilisation des plantes pourrait affecter leur survie ou la production de l’année prochaine.

Il y a des risques sur la réussite des implantations de certaines cultures:

  • Colza et cultures intermédiaires : une pluie de 15 mm minimum (25 à 30 mm en argile) peut être suffisante pour faire lever colza, mais à condition d’avoir de l’eau dans le sol ou des pluies qui suivent ensuite, pour éviter un échec.

=> vous pouvez retrouver l’analyse de Terres Inovia concernant les semis de colza basé sur cette information (qu’il convient d’actualiser avec les éléments du moment) ici : https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:6963492059219378176/

Prévisions probabilistes : en savoir plus

Le modèle ECMWF/CEP est un modèle de prévision météorologique opéré par “European Centre for Medium-Range Weather Forecasts”. Il propose des prévisions probabilistes jusqu’à des échéances de 15 jours sur une grille régulière de 0.2°.

Une prévision probabiliste comprend différents scénarios, représentant les incertitudes liées aux conditions initiales de la prévision (on ne connaît pas complètement les informations météorologiques en tout point de l’espace) et celles associées au modèle lui-même (un modèle reste une approximation de la réalité). Dans le modèle ECMWF, il y a 50 scénarios.

Ces prévisions, aux échelles de temps de plus de 7 jours, restent très incertaines, et il faut prendre cela comme une information de tendance assez globale, sachant que des phénomènes orageux, très imprévisibles à ces échéances, pourront survenir. A noter que ce modèle ECMWF n’est pas le plus fiable pour prédire les phénomènes à quelques heures/jours : pour cela, il faut se référer aux modèles à plus haute définition de Météo-France (AROME).

Dans le cadre du Réseau Science des données et Modélisation (www.modelia.org), depuis 2017, l’Acta – les instituts techniques, l’IFV – institut de la vigne et du vin et Arvalis – institut du végétal collaborent avec Météo-France (CNRM) et l’INRAE sur l’utilisation des prévisions météorologiques probabilistes  pour l’aide à la décision agricole dans le cadre du projet MétéoPrec (Casdar), de la thèse d’Ivana Aleksovska (DigitAg, soutenue en 2020) ou du post-doc de Bachar Tarraf (Digitag, en cours).

Par ailleurs, l’information contenue dans ce bulletin ne prend pas en compte l’état hydrique du sol.

Contributeurs

Contact : francois.brun@acta.asso.fr 

  • Les instituts techniques agricoles : François Brun (Acta), Olivier Deudon (Arvalis), Loïc Davadan (IFV), Christian Debord (IFV), Bachar Tarraf (Acta), Michaël Geloen (Terres Inovia), Stéphane Cadoux (Terres Inovia), Aurélie Madrid (IDELE)
  • Météo France : Laure Raynaud (CNRM), Alexandre Albert-Aguilar (CNRM)

Pour aller plus loin

  1. Copyright statement: Copyright “This service is based on data and products of the European Centre for Medium-Range Weather Forecasts (ECMWF)”.
  2. Source www.ecmwf.int
  3. Licence Statement: This ECMWF data is published under a Creative Commons Attribution 4.0 International (CC BY 4.0). https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/
  4. Disclaimer: ECMWF does not accept any liability whatsoever for any error or omission in the data, their availability, or for any loss or damage arising from their use.
  5. Where applicable, an indication if the material has been modified and an indication of previous modifications
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