API New Year – Bonne année 2018 !

L’année 2017 vient de tirer sa révérence. Sur le plan du numérique agricole, elle a été très riche, c’est le moins qu’on puisse dire. Nombre de jeunes pousses agricoles ont germées et sont couvées avec amour dans de nouveaux incubateurs qui ont poussés comme des champignons sur tout le territoire. Quelques unes des plus âgées ont poursuivies leur croissance. Beaucoup ont aussi, hélas, dû plier les gaules. C’est le lot des startup de n’importe quel secteur. La sélection est féroce, ce sont des structures fragiles bâties le plus souvent sur un « rêve » et c’est le client qui décide à l’arrivée.

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Pour moi, l’année passée a été marquée par une communication importante dans trois secteurs :

  1. L’inteligence artificielle, qui a été sans conteste le buzz-word de l’année. Mis à toutes les sauces. Souvent fantasmé. Encore plus souvent galvaudé. Rarement assez bien traité.
  2. La blockchain et les cryptomonnaies, qui sur le plan de la communication, ont connu une poussée de fin d’année assez tumultueuse. Avec ses commentateurs, qui les yeux rivés sur les courbes affolantes du bitcoin,  attendent fébrilement l’explosion de la « bulle ». Un sujet qui passionne mais où l’on est nombreux à reconnaitre bien volontiers n’y rien comprendre.
  3. La robotique, sujet plus ancien, mais qui est revenu en force aussi cette année. Bien qu’il n’y ait qu’encore que quelques exemplaires de robots agricoles (en dehors des robots de traite), et le plus souvent encore à l’état prototypique.

Je n’ai pas trop de doute que ces trois sujets resteront des sujets d’importance pour les années à venir et donc pour 2018. Le réseau numérique & agriculture des instituts techniques s’y intéressera avec une prochaine communication sur la blockchain qui sera diffusée à l’occasion du prochain salon de l’agriculture où nous serons présents !

Nous travaillerons toujours sur le sujet de l’interopérabilité et des API avec l’équipe API-AGRO. On sera aussi présent à leur Hackathon !

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Nous instruirons de nouveaux sujets autour de la data, notamment sur les sujets scientifiques avec un premier rendez vous dans le cadre de la conférence PHLOEME des 24 et 25 janvier. Puis sans doute à l’occasion d’un colloque sur les données expérimentales, domaine qui reste un des champs d’expertise majeur des instituts.

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Nous travaillerons enfin à développer un écosystème très large de partenaires et d’acteurs du numérique agricole, tourné vers les innovations et leur évaluation. Ce blog devrait donc connaitre dans les mois qui viennent un fort développement, tant sur le plan du contenu que sur la communauté qu’il vise à fédérer autour de cette thématique qu’est l’agriculture numérique.

Très bonne année numérique à tous.

Intelligence Artificielle : vers la fin du travail ?

Le thème des derniers rdv de l’agriculture connectée qui se tenaient le 26/10 dernier à l’ESA d’Angers était l’Intelligence Artificielle (ou IA). Pour une fois, c’est bien ceux qui en font vraiment qui en ont parlé.

L’IA nécessite énormément de données pour apprendre et avoir des résultats satisfaisants. Traiter ces données prends du temps. L’augmentation des performances des machines et l’augmentation du nombre de noeuds de traitement (deep learning) ont grandement amélioré les performances de l’IA. Mais la très grande majorité des IA aujourd’hui est subhumaine (ses performances restent inférieures à celles d’un humain). Car l’IA est victime du Paradoxe de Moravec : le plus simple à faire pour l’homme est le plus dur à coder en IA (reconnaissance visuelle, vocale, etc).

On peut qualifier 4 types d’IA :
– IA équivalente sur une tâche (conduire (Google car, Whatson, European truck platooning challenge), accorder un prêt, etc)
– IA supérieure à la totalité des humains sur une tâche (AlphaGo, Whatson)
– IA générale qui est multitache et égale aux humains, on en est a priori loin mais cela semble réaliste.
– Enfin, la singulatité technologique est une IA qui s’autoaméliore et dotée d’une conscience.

Pour ce qui concerne cette dernière, c’est clairement du fantasme. La problématique énergétique, le rejet de la société son trop forts. On entend surtout les GAFA en parler car ils misent dessus afin de se rendre incontournables.

Mais quel impact aura l’IA sur notre façon de travailler? Cette peur de la fin du travail apparaissait déjà au 18eme siècle avec la révolution industrielle. En effet des métiers ont disparu comme tisserand, lavandière, bien souvent des travails laborieux. L’automatisation permet donc la réduction de la pénibilité physique et cognitive, et libère du temps. Les métiers valorisant l’intelligence créative, ou sociale, ou encore nécessitant une perception / manipulation fine, seront clairement épargnés par l’IA. En ce qui concerne l’agriculture, personne ne s’est trop avancé !

Mais il est certain que les métiers vont évoluer encore avec l’IA et c’est une vraie occasion de réinventer le travail tout en évitant la perte d’expérience liée au remplacement de l’homme par une machine (cf histoire du pilote Sully aux US). Le nombre d’agriculteurs ayant déjà beaucoup baissé, il diminuera probablement peu (il faut au moins une UTH par exploitation!) mais ils pourront gérer plus d’ha ou d’animaux. La formation sera enfin importante, faisant évoluer les métiers du conseil.

MULTIPASS : Faire émerger de nouveaux services dans une chaine de confiance

Avec l’avènement du numérique, les exploitations deviennent une source de données incontournable pour répondre aux enjeux de multi-performance de l’agriculture. Les Instituts Techniques Agricoles ont formulé 10 recommandations pour faciliter l’accès et la valorisation de ces données. Au-delà du service rendu, l’accès aux données des agriculteurs est conditionné à une bonne compréhension de l’utilisation de leurs données qui doit se faire en toute transparence. De ce diagnostic a émergé le projet CASDAR MULTIPASS.

A travers ce projet, les partenaires (ARVALIS, ACTA, FIEA, IDELE, IRSTEA, ORANGE et SMAG) souhaitent mettre à disposition des producteurs et valorisateurs de données agricoles, un écosystème de gestion des consentements des agriculteurs protégeant les échanges de données des exploitations.

Les attentes des exploitants vis-à-vis d’un outil de gestion des consentements seront exprimées au sein de groupes de travail. Ces recommandations éthiques seront consignées dans un livre blanc puis traduites en spécifications fonctionnelles sur lesquelles seront basées les adaptations de deux outils de gestion des consentements existants. Ces outils, basés sur des approches différentes associant un tiers de confiance pour l’un et la technologie blockchain pour l’autre, seront comparés au sein de cas d’usages, tout en implémentant sous forme de preuves de concept les conditions de l’interopérabilité entre ces systèmes existants ou à venir.

L’écosystème a vocation à couvrir les besoins en matière de transparence des usages et de gestion des consentements de toutes les filières agricoles. Il peut enfin apporter une brique importante pour la gestion des consentements des exploitants pour alimenter des plateformes existantes comme API-AGRO voire un futur portail national de données agricoles.

Le projet vise à démontrer aux organisations professionnelles agricoles l’intérêt et la faisabilité d’un écosystème de gestion des consentements. En renfonçant la confiance des producteurs nécessaire au partage de leurs données, le projet permettra de faire émerger de nouvelles connaissances et de nouveaux services. Il favorise l’innovation ouverte, c’est-à-dire l’émergence d’applications agricoles couplées aux données des agriculteurs provenant de n’importe quelle source de données ou objet connecté, pour éviter le risque de concentration de l’innovation mais également la création de connaissances par l’analyse de données massives d’exploitations, dans une chaine de confiance.

MULTIPASS est financé par le compte d’affectation spéciale « développement agricole et rural » (CASDAR) (AAP Recherche Technologique 2017) et ses partenaires.

EGALIM : 3 propositions pour accompagner les agriculteurs dans la transformation numérique.

Le réseau Numérique et Agriculture de l’ACTA, les Instituts Techniques Agricoles, ont fait des propositions concrètes pour accompagner les agriculteurs, ainsi que les acteurs qui l’entourent, dans la transformation numérique.

Vous retrouverez ici l’accès aux trois propositions faites en ligne sur la plateforme EGALIM, propositions que nous vous invitons à soutenir avec vos votes et argumentaires. Pour cela, il suffit de cliquer sur les liens et de voter, en vous connectant avec votre compte google ou facebook (ou créer un compte ad hoc).

  • Proposition 1. La question de l’accès aux données agricoles : favoriser l’innovation et la recherche, tout en protégeant les agriculteurs. Cette proposition reprend l’analyse faite dans notre livre blanc sur le sujet (parution octobre 2016). https://goo.gl/FqWy9f
  • Proposition 2. Ouvrons l’accès des données météos aux acteurs du monde agricole dans le cadre des démarches de service public. Cette contribution vise à demander aux pouvoirs publics de prendre une position claire pour donner un accès total aux données météos nécessaires à l’ensemble des acteurs agricoles. https://goo.gl/Zz37nk
  • Proposition 3. Faciliter l’accès aux services en ligne pour les exploitations agricoles : vers une fédération d’identité. Il s’agit d’une proposition très concrète visant à faciliter la vie des exploitants agricoles et à faciliter l’accès à de nouveaux services innovants.https://goo.gl/w23cZS

Réseau Numérique & Agriculture

numerique@acta.asso.fr

EGALIM : Ouvrons l’accès des données météos aux acteurs du monde agricole dans le cadre des démarches de service public

Ouvrons l’accès des données météos aux acteurs du monde agricole dans le cadre des démarches de service public
  • Atelier 11 : Réussir la transition écologique et solidaire de notre agriculture en promouvant une alimentation durable – Lundi 9 octobre
  •  Atelier 12 – Lutter contre l’insécurité alimentaire, s’assurer que chacun puisse avoir accès à une alimentation suffisante et de qualité en France et dans le monde
Les productions agricoles sont fortement déterminées par les conditions météorologiques et chaque nouvelle campagne le montre à nouveau (rendement blé en 2016, gel sur les vignes en 2017, …). Dans un contexte de réduction des intrants, l’agriculture doit faire face à de grands enjeux fortement dépendants des conditions météorologiques, notamment en production végétale.
Météo France développe au titre de sa mission de service public, des informations climatologiques et prévisionnelles pour permettre de sécuriser différents domaines et secteurs d’activités (risques incendie, transports aéroportuaire, routes, crues, etc…). Ces prestations ne font l’objet d’aucune facturation auprès des acteurs économiques, pompiers, aviation civile, préfectures, … qui en sont utilisateurs : elles sont financées sur la base d’accords entre les ministères concernés qui abondent au budget de Météo France au titre de la surveillance et sécurité du territoire.
Pourquoi une démarche similaire n’existerait elle pas au niveau de l’agriculture, au titre de la sécurisation de la production alimentaire et du respect environnemental ?
Dans le contexte de production actuel qui vise à réduire de manière drastique l’intrant phytosanitaire, l’agriculture doit pouvoir accéder à des données météorologiques fiables, performantes et homogènes à des conditions tarifaires raisonnables pour prétendre pouvoir réduire efficacement les traitements, limiter pour l’agriculteur les risques sanitaires tout en sécurisant les rendements et garantir aux consommateurs des aliments de qualité, en quantités suffisantes.
Actuellement, les données disponibles sont nombreuses et de plus en plus précises (données de stations classiques ou spatialisées, mais aussi radar de pluie au km ou prévisions à échelle fine). Le monde agricole, par nature éclaté (500 000 exploitations), et les structures d’accompagnement qui le sont également pour couvrir la diversité des territoires et des filières font que l’accès aux données se fait au cas par cas, par ces acteurs, moyennant finance. Ainsi, la même donnée est achetée plusieurs fois, pour un même besoin et au prix fort. Par le passé, différentes demandes et initiatives ont abordé cette problématique, mais les solutions proposées n’ont pas été à la hauteur des enjeux.
Le monde agricole doit se mobiliser pour faire valoir ses intérêts et afin que les services ministériels concernés s’entendent sur un accord global facilitant l’accès aux données météorologiques de Météo France, au titre de la sécurité alimentaire et environnementale.

Retrouvez cette contribution sur la plateforme EGALIM. Votez, réagissez ! https://goo.gl/Zz37nk

Acta, les Instituts Techniques Agricoles (*)
APCA, les Chambres d’Agriculture
Réseau Agriculture et Numérique de l’Acta
(*) notamment :
  • IFV – Institut Français de la Vigne et du Vin
  • Arvalis – Institut du végétal
  • Terres Inovia
  • ITB – Institut Technique de la Betterave
  • FN3PT – Fédération Nationale des Producteurs de Plants de Pomme de Terre