#Hacktaferme – Le dossier de presse et les vidéos

Le réseau numérique & agriculture de l’Acta – les instituts techniques agricoles a organisé en partenariat avec API-AGRO et TerraSolis, le HackTaFerme, la première édition du « Hackathon à la ferme » qui s’est tenu du 31 août au 2 septembre 2018 à Chalons-en Champagne et ses environs.

L’article de synthèse est ici.

Le dossier de presse est  téléchargeable  via ce lien : DP-HACKTAFERME-V3

Le trailer de l’évènement et l’interview de nos trois agriculteurs sont sur Youtube :

 

 

HackTaFerme J-9 : des idées, des projets, des prix, des sponsors et vous ?

A une dizaine de jours du HackTaFerme (31 aout-2septembre à Châlons-en-Champagne), voici quelques nouvelles pour ceux qui reviennent de congés ou qui ont loupé les annonces précédentes :

  • L’Acta (numerique.acta.asso.fr) organise avec Terrasolis (terrasolis.fr) et Api-Agro (www.api-agro.fr) le HackTaFerme, premier hackathon qui se déroulera chez des agriculteurs (www.hacktaferme.fr) à la foire de Châlons-en-Champagne ! Il s’agit d’un concours pour développer en 48h des prototypes d’applications utiles pour les agriculteurs.
  • Nous avons doté ce concours de prix attractif pour récompenser les meilleurs projets !
  • Les idées des premiers inscrits ont été présentées et discutées avec les agriculteurs. Désormais, les projets murissent et sont discutés entre participants. Nous sommes toujours à la recherche de porteurs.
  • Et vous ? Il est encore temps de s’inscrire pour participer à l’événement et/ou de motiver vos équipes d’informaticiens à venir participer à ce challenge : www.hacktaferme.fr
  • Encore un grand merci à nos sponsors qui vont permettre l’organisation de l’événement dans de bonnes conditions et de proposer ces prix attractifs pour les vainqueurs ! Vivescia (www.vivescia.com), Syngenta (www.syngenta.fr), Bouygues (www.bouyguestelecom.fr), Atos (atos.net), ITK (www.itk.fr).
  • pour toutes les actualités : www.hacktaferme.fr et nous suivre twitter.com/HackTaFerme

Benchmark des plateformes numériques agricoles

A l’occasion d’une présentation récente, j’ai été amené à rassembler quelques informations sur les plateformes d’échange de données du secteur agricole au sein de l’Union Européenne. Je me suis pour cela essentiellement basé sur une enquête de la commission européenne : Study on data sharing between companies in Europe.

La présentation est accessible sur SlideShare.

Cette présentation n’est absolument pas exhaustive, elle met en avant quelques plateformes remarquables de l’UE, notamment DAWEX, DKE/AGRIROUTER, AGRIMETRICS, F4F/PROAGRICA et même quelques initiatives de ventes de données d’agriculteurs. L’histoire à venir nous dira s’ils étaient des précurseurs ou non…

Bien sûr la plateforme API-AGRO, s’inscrit totalement dans cette démarche et reste une initiative collective tout à fait remarquable au niveau national (nous ne sommes pas totalement objectif ici, en disant celà :-)). API-AGRO commence d’ailleurs à poser pied dans différents programmes de R&D Européen et poursuit sa structuration.

Ce qui me semble intéressant dans cette étude, est la synthèse des obstacles et des clés de succès facilitant (ou au contraire obstruant) le partage de données B2B via ce type de plateforme.

Ces éléments sont repris de manière schématisée ici :

Les facteurs de succès identifiés sont :

  • un cadre légal mieux défini et plus clair (nous reviendrons dans un article à suivre sur les aspects légaux relatifs aux data, c’est un point important);
  • une compréhension des besoins et des attentes vis-à-vis des data, effectivement exposer des data qui n’ont aucun usage est vain – il est donc pour moi crucial de travailler au moins autant si ce n’est plus sur les applications;
  • la confiance, qui se construit sur une bonne maîtrise de l’utilisation des données et une compréhension de la finalité des utilisations;
  • le partenariat, les alliances entre organisations doivent être évidentes et mettre en avant des complémentarités pour réduire des coûts et/ou co-innover;
  • la simplicité et l’ergonomie des outils.

Les obstacles à l’échange de données sont: 

  • les freins techniques, on trop tendance à minimiser cet aspect à mon goût car il y a de vrais verrous techniques, qui ne sont pas insurmontable mais qu’on ne peut négliger (penser API first);
  • le droit, l’incertitude sur les questions de propriété des données est souvent mis en avant pour freiner tout échange de données entre organisations;
  • le contrôle, les fournisseurs de données doivent être sûr de pouvoir monitorer tous les flux de données qui sortent de chez eux;
  • les compétences, beaucoup d’entreprises n’ont tout simplement pas les compétences internes pour permettre cette diffusion;
  • la localisation, il y a parfois des problèmes de droit attachées à des données qui ne peuvent sortir des territoires nationaux ou communautaires;
  • la réputation, exposer des données constitue pour certaines organisation un risque de voir sa notoriété entachée (si les données sont utilisées à des fins non souhaitées ou si les données sont de piètre qualité);
  • le licensing, il faut aussi disposer des compétences pour trouver le cadre contractuel de diffusion des données;
  • la responsabilité, quels sont les risques encourus pour une entreprise fournisseuse de données si l’utilisation de ses données conduit à des plaintes de tiers ayant subit des dommages liés à ces données?

Comme on le voit la liste des obstacles est plus longue que la liste des facteurs clés de succès, ce qui témoigne du chemin qu’il reste encore à parcourir pour le développement de telles pratiques et l’essor de ces plateformes.

La FNSEA et JA lancent une charte sur l’utilisation des données des exploitations

« Les flux de données sont plus importants que les stocks »

Ainsi étaient présentés par Christiane LAMBERT les enjeux de la charte sur l’utilisation des données agricoles lancée ce jour par la FNSEA et JA.
Pour éviter les ressaisies, innover et créer de nouvelles connaissances, la circulation des données de l’exploitation doit être favorisée au sein d’une chaine de confiance. C’est pourquoi, face à l’explosion de la quantité de données collectées dans les exploitations agricoles la FNSEA et JA définissent 13 principes généraux de bonne pratique de transparence, partage et utilisation des données des exploitations :

La FNSEA et JA porteront ce projet au niveau Européen et envisagent un service d’évaluation des contrats de services proposés aux agriculteurs, par un cabinet d’avocat, et de leur conformité aux 13 principes de la charte. La conformité vaudra labellisation du contrat. Les services labellisés, au frais du fournisseur de service, seront référencés sur un site dédié et les entreprises labellisées pourront se prévaloir du logo DATA AGRI.
Attention toutefois, si la labellisation sera un bon indicateur de choix des services proposés à l’exploitant, elle ne le dispenseront pas de lire le contrat avec attention pour valider si les usages de ses données décrits dans le contrat lui conviennent (la charte n’impose que la transparence des usages, elle n’en interdit pas).

Cette charte est en totale cohérence avec les recommandations portées par les Instituts Techniques Agricoles dans leur livre blanc sur « l’accès aux données pour la recherche et l’innovation en agriculture » :  prévalence de l’usage sur la propriété des données, transparence des usages et consentement explicite avant usage non prévu au contrat. Enfin, cette initiative exemplaire des représentants des agriculteurs consolide l’intérêt d’un écosystème de gestion des consentements agriculteurs tel que les ITA et leurs partenaires le portent dans le CASDAR MULTIPASS.

Deux doctorantes participent au Hackathon API-AGRO 2018

API-AGRO (www.api-agro.fr), opérateur de données agricoles, a organisé son deuxième hackathon les 6 et 7 février dernier. L’objectif de cette course : créer en 30 heures une application informatique originale d’intérêt pour le monde agricole valorisant des données et des API puis en faire la promotion et la démonstration devant un jury en 5 minutes.
Nous rencontrons deux doctorantes Mathilde Chen (Acta-INRA-IFV-Arvalis) et  Ivana Aleksovska (Acta-Météo-France-INRA-IFV-Arvalis) qui se sont prêté au jeu et ont participé à une des 6 équipes avec le projet Vine Health Watch porté par Acta et IFV.

VHW’com. Pouvez vous nous expliquer vos sujets de thèse?

 Mathilde. Ma thèse consiste à développer des méthodes d’analyse des données d’épidémiosurveillance sur le mildiou de la vigne. Je mobilise des méthodes d’analyse de survie qui me permettent d’avoir une vision de l’état sanitaire à l’échelle du territoire. En complément, je propose une procédure pour que les techniciens formalisent leur expertise en s’appuyant sur cette information et en la combinant à d’autres sources.  Plus d’infos ici
Ivana. Ma thèse cherche à améliorer les prévisions à court et moyen terme (d’un jour à un mois) des modèles agronomiques. Il s’agit de développer des outils d’aide à la décision pour les agriculteurs en prenant en compte l’incertitude des prévisions météorologiques (notamment température et pluie) et en fournissant une information probabiliste aux utilisateurs. J’utilise les modèles de prévision d’ensemble de Météo-France et du CEPMMT. Mes principales applications sont les modèles pour la protection des cultures et ceux pour la gestion de l’irrigation.   Plus d’infos ici

Nos deux thèses s’inscrivent dans l’institut Agriculture Numérique #DigitAg (www.hdigitag.fr).

VHW’com. Qu’est ce qui vous a attiré dans ce challenge ?
Ivana. L’esprit de compétition et le travail sous pression dans un temps très court.
Mathilde. Ce qui m’attire est le concept même du challenge qui est de concevoir un prototype fonctionnel en très peu de temps et en équipe. J’ai participé à la première édition il y a un an en tout début de ma thèse. L’ambiance m’avait beaucoup plu, donc j’avais hâte de récidiver cette année !

 VHW’com. Pouvez vous décrire en deux mots l’application que vous avez développé ?
Mathilde & Ivana. C’est un outil de visualisation de l’état sanitaire de la vigne à plusieurs échelles : nationale, régionale et parcellaire. Une des premières fonctionnalité est la prédiction des dynamiques épidémiques grâce à un modèle statistique basé sur les observations passées et intégrant celles collectées en temps réel en cours de saison. Notre application permet également de cartographier finement les prédictions.  
 Le viticulteur a la possibilité de saisir ses propres observations et peut ainsi obtenir une prédiction personnalisée. Tous ces outils valorisent les données collectées dans le cadre du Bulletin de santé du végétal. Enfin, l’utilisateur peut aussi avoir accès aux prévisions météos qui représentent l’évolution de la température et des précipitation sur les vignobles de la région.

VHW’com. Quelles ont été vos contributions ?

Mathilde. J’ai remobilisé une petite partie de mes travaux de thèse en adaptant le modèle de survie à l’ensemble des données de suivi des 4 principales maladies (mildiou, oïdium, black rot, pourriture grise) disponible dans la base de données Epicure de l’IFV. J’ai également présenté le fruit de notre travail collectif en 5 minutes avec la démonstration de l’application dans le pitch final.  
Ivana. J’ai utilisé l’API fournissant les prévisions météorologiques issues du modèle AROME à résolution de 1.3km de Météo-France. Avec l’IFV nous avons sélectionné les coordonnées représentatives des aires de production de chaque région administrative. Puis, nous avons agrégé ces données en calculant la moyenne pour la pluie et la température.  

VHW’com. Que vous a apporté cette courte expérience ?
Ivana. Comme je suis en début de thèse, c’était l’occasion de rencontrer des acteurs du domaine agricole et de mieux comprendre l’utilité de manipuler les données mises à disposition par API-AGRO.
Mathilde. Un gros mal de crâne, 3 kilos… mais surtout une superbe expérience conviviale en équipe. Cela m’a permis de mieux comprendre les dessous du développement d’une application. Comme je m’intéresse au monde des start-up, cette expérience fut très enrichissante pour moi.

VHW’com. Est ce que ce hackathon change vos directions de thèse ?
Mathilde. Pas du tout ! Ce fut juste une parenthèse de 30 heures dans mes trois ans de thèse. Mais cela m’a permis de côtoyer de plus prêt le monde de l’entreprenariat et de l’innovation. Cela me permet de mettre en perspective mes travaux de recherche par rapport avec leur futur valorisation sous forme d’outils utiles pour les agriculteurs.
Ivana. Non, je le vois plus comme une activité parallèle que comme un changement de direction. Mais, cela m’a permis d’avoir une vision très concrète de ce que peut être une application pour les agriculteurs et comme mon objectif de thèse est bien d’améliorer des OAD, c’est une expérience précieuse.

VHW’com. Quel autre message à faire passer ?
Ivana & Mathilde. L’innovation s’appuie sur un travail de fond et les thèses sont des projets indispensables pour développer des méthodes utilisées dans les outils de demain. Face aux enjeux auxquels doit faire face l’agriculture, il est important que les instituts techniques (Acta, IFV, Arvalis) et les instituts de recherche (Inra, Météo-France) travaillent main dans la main afin d’investir sur le long terme pour les innovations de demain.

Propos recueillis par VHW’com
@VineHealthWatch (février 2018)

L’équipe Acta-IFV-INRA au complet