Benchmark des plateformes numériques agricoles

A l’occasion d’une présentation récente, j’ai été amené à rassembler quelques informations sur les plateformes d’échange de données du secteur agricole au sein de l’Union Européenne. Je me suis pour cela essentiellement basé sur une enquête de la commission européenne : Study on data sharing between companies in Europe.

La présentation est accessible sur SlideShare.

Cette présentation n’est absolument pas exhaustive, elle met en avant quelques plateformes remarquables de l’UE, notamment DAWEX, DKE/AGRIROUTER, AGRIMETRICS, F4F/PROAGRICA et même quelques initiatives de ventes de données d’agriculteurs. L’histoire à venir nous dira s’ils étaient des précurseurs ou non…

Bien sûr la plateforme API-AGRO, s’inscrit totalement dans cette démarche et reste une initiative collective tout à fait remarquable au niveau national (nous ne sommes pas totalement objectif ici, en disant celà :-)). API-AGRO commence d’ailleurs à poser pied dans différents programmes de R&D Européen et poursuit sa structuration.

Ce qui me semble intéressant dans cette étude, est la synthèse des obstacles et des clés de succès facilitant (ou au contraire obstruant) le partage de données B2B via ce type de plateforme.

Ces éléments sont repris de manière schématisée ici :

Les facteurs de succès identifiés sont :

  • un cadre légal mieux défini et plus clair (nous reviendrons dans un article à suivre sur les aspects légaux relatifs aux data, c’est un point important);
  • une compréhension des besoins et des attentes vis-à-vis des data, effectivement exposer des data qui n’ont aucun usage est vain – il est donc pour moi crucial de travailler au moins autant si ce n’est plus sur les applications;
  • la confiance, qui se construit sur une bonne maîtrise de l’utilisation des données et une compréhension de la finalité des utilisations;
  • le partenariat, les alliances entre organisations doivent être évidentes et mettre en avant des complémentarités pour réduire des coûts et/ou co-innover;
  • la simplicité et l’ergonomie des outils.

Les obstacles à l’échange de données sont: 

  • les freins techniques, on trop tendance à minimiser cet aspect à mon goût car il y a de vrais verrous techniques, qui ne sont pas insurmontable mais qu’on ne peut négliger (penser API first);
  • le droit, l’incertitude sur les questions de propriété des données est souvent mis en avant pour freiner tout échange de données entre organisations;
  • le contrôle, les fournisseurs de données doivent être sûr de pouvoir monitorer tous les flux de données qui sortent de chez eux;
  • les compétences, beaucoup d’entreprises n’ont tout simplement pas les compétences internes pour permettre cette diffusion;
  • la localisation, il y a parfois des problèmes de droit attachées à des données qui ne peuvent sortir des territoires nationaux ou communautaires;
  • la réputation, exposer des données constitue pour certaines organisation un risque de voir sa notoriété entachée (si les données sont utilisées à des fins non souhaitées ou si les données sont de piètre qualité);
  • le licensing, il faut aussi disposer des compétences pour trouver le cadre contractuel de diffusion des données;
  • la responsabilité, quels sont les risques encourus pour une entreprise fournisseuse de données si l’utilisation de ses données conduit à des plaintes de tiers ayant subit des dommages liés à ces données?

Comme on le voit la liste des obstacles est plus longue que la liste des facteurs clés de succès, ce qui témoigne du chemin qu’il reste encore à parcourir pour le développement de telles pratiques et l’essor de ces plateformes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *