#B2P, Back to pâturage – le pâturage vu de l’espace

Dès leur apparition en agriculture, les satellites ont été très utilisés pour contrôler les surfaces cultivées et moduler les pratiques agricoles. Avec l’arrivée des nouveaux satellites, notamment les Sentinels dédiés au programme européen Copernicus, un flux important de données gratuites est disponible ce qui ouvre de nouvelles perspectives en termes de services opérationnels et de valorisations commerciales. C’est dans ce contexte que la ferme digitale avec le concours de la société Atos et de Comexposium organisateur du SIMA a organisé ‘‘Satellite AGRI’Hackathon’’ les 25 et 26 février au SIMA. L’idée était de développer des prototypes informatiques valorisant les images satellites du programme européen Copernicus dans des projets viables répondant aux besoins des acteurs, pour des systèmes agricoles plus résilients.

L’Acta, réseau des instituts techniques agricoles, s’est engagée dans ce Hackathon avec une équipe composée d’agronomes et de développeurs d’Arvalis – institut du végétal, de Weenat (fournisseur de station météo agriculteur) et de l’institut de l’élevage (Idele) autour d’un projet intitulé ‘Back to pâturage’ (#B2P). Le pâturage est la pratique-pivot d’une interaction agronomiquement vertueuse et renouvelée entre des systèmes d’élevage et des systèmes de productions végétales. En zone céréalière, des élevages ovins itinérants de bergers sans terre émergent progressivement en construisant des partenariats avec des cultivateurs ou des gestionnaires d’espaces (ONF, collectivités, syndicat de rivières,…). Un projet soutenu par l’ADEME étudie spécifiquement ces modalités de recouplage culture-élevage (projet POSCIF). Ces systèmes ne peuvent fonctionner que si l’éleveur dispose d’une ressource alimentaire suffisante pour ses animaux sur une zone géographique et une période donnée.

L’idée du projet portée par l’équipe #B2P était donc de vérifier dans quelle mesure les données satellites pouvaient aider à quantifier (biomasse) et qualifier (valeur alimentaire) les ressources alimentaires disponibles pour un troupeau itinérant sur un territoire délimité ; l’actualisation des données satellites tous les 5 jours permettant d’envisager une mise à jour régulière du plan de pâturage ainsi serait élaboré. Les ressources alimentaires peuvent provenir de parcelles cultivées mais aussi de zones non cultivées, d’espaces naturels sensibles, de zones forestières,…

A partir des données satellites, l’équipe a pu localiser les parcelles sur une carte dynamique et calculer l’indice de végétation NDVI qui traduit la quantité de biomasse verte, mais dans le temps imparti et avec les données disponibles, elle n’a pas pu leur associer un indice de valeur alimentaire. D’autres fonctionnalités ont été réfléchies comme la possibilité de réserver des parcelles ou de choisir entre plusieurs itinéraires de transhumance selon différents critères.

Présentation faite lors du pitch #B2P, Back To Paturage

Le jury a souligné la pertinence de l’idée proposée répondant à de réels besoins d’une catégorie d’acteurs où peu d’OADs sont disponibles et lui a décerné le deuxième prix. L’équipe bénéficiera ainsi de deux vouchers de 250 € valables sur la plateforme Atos avec un jour d’accompagnement et de conseil, mais elle invite toute personne intéressée à la contacter pour bâtir un projet plus ambitieux.

Au niveau des autres concurrents, on peut mentionner le projet Mes Parcelles vainqueur du premier prix en proposant l’outil ‘’Ohm sweet home’’ qui a pour finalité d’optimiser la définition des potentialités du sol (fertilisation, irrigation…). Il vise à corréler les zonages de sol définis par l’imagerie Sentinel avec des données de terrains validées à partir de parcelles de référence et d’en déduire un modèle utilisable de façon industrialisé. Ceci doit permettre de s’affranchir pour toute ou partie de différents process terrain  comme les mesures de résistivité et la validation pédologique via des sondages et par conséquent des coûts qui leur sont associés.

Contacts : H. Ezzedinne (houssem.ezzeddine@acta.asso.fr), E. Emonet (emeric.emonet@acta.asso.fr)

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